REFLEXION > RIDE FOR PLEASURE, RIDING UNDER PRESSURE...
 
Voilà, la saison est maintenant achevée, et il y a un sujet qui me tient tout particulier à cœur, que je voulais partager avec vous.

Sur toutes les courses, j’entend sans cesse : "Aux essais starts, celle là, tu la sautes", "pédales, mais qu’est-ce que tu fous ?", "c’est bien la peine de faire 500 bornes pour ça !", "ça sert à quoi les entraînements ?", "t’as été minable", "tu n’as pas pédalé", et j’en passe encore bien d’autres.

Qui n’a pas entendu une de ces phrases ? Jusque là, je pense que personne ne pourra me contredire.

A Mours, je suivais un père et son fils (caté minime je crois), qui n’a fait que trois manches pour le père, qui a fait 3 manches sur une finale de France pour moi (vous saisissez la différence ?).

Je les suivais sans rien dire : « t’as vu comment tu as roulé ? t’as fais des starts de merde ! », et son fils de lui répondre : « oui, peut-être mais je suis en finale ! », et le père d’en rajouter, et le fils lui redit : « oui, mais j’étais en finale à Mours ! », et là, je n’ai pas pu m’empêcher d’intervenir , en lui disant : « oui, c’est vrai, tu étais en finale, tu as passé les ¼ puis les ½, et c’est super d’être ici, car il y a beaucoup de pilotes qui auraient aimé rouler aujourd’hui ! tu t’es fais plaisir ? » il me répond que oui, alors, sous le regard de son père prêt à me dire : « mais pour qui vous vous prenez ? », je le devance en lui disant : « je suis pilote, donc, je sais ce que c’est de rouler, de faire une grande course, etc…. », il me répond : « moi aussi, je suis sportif, je fais pleins de sports ! », « oui, mais êtes-vous déjà monter sur un 20 pouces ou un cruiser, et faire un tour de piste à vitesse normale ? », il me répond une nouvelle fois, « je suis sportif, je connais ! ». Je m’adresse à son fils et lui demande si son père est déjà monté sur un bmx, et la réponse fut « non », réponse à laquelle je m’attendais.
Et bien, voilà, nous étions en plein cœur du débat : comment pouvait-il dire que son fils avait été mauvais ? Quels repères pouvait-il avoir ? Comment pouvait-il être certain que son fils avait roulé comme un débutant comme il le disait ?

Lorsque mon fils a commencé le bmx, je le voyais avec un grand sourire, dès qu’il avait fait un tour de piste, j’ai voulu essayer une fois au moins, pour voir ce que l’on pouvait ressentir, et pour pouvoir ensuite parler de ce que je ne connaissais pas encore.
Car regarder, et être acteur, c’est complètement différent. Finalement, je suis tombée dedans, j’ai aimé tout de suite, depuis, je roule, pour mon plus grand plaisir, et celui ou celle qui se moque (si si, j’en connais, je vois des sourires moqueurs, j’entend des réflexions, mais je m’en moque, ces réflexions viennent de la part de ceux qui ne roulent pas, et non pas de la part des pilotes), alors tout va bien pour moi, et je les attend pour un petit tour de piste, le rendez-vous est pris !

Depuis, ma fille s’y est mise elle aussi, une sorte de virus. Quand ils roulent bien, super, quand ça va moins bien, et bien on positive, ce sera mieux la prochaine fois, mais jamais on en rajoute.
Quand un pilote n’a pas bien réussit, il est déjà déçu, alors si en plus, les parents lui en mettent encore une couche !!!..
Cela ne devient plus un plaisir pour le pilote. Avez-vous déjà vu un pilote à l’arrivée scruter dans le public pour voir où est son père, afin de l’éviter ? Et bien moi, j’ai vu, et je peux vous dire que ça me fait mal au cœur de voir ça !

Lorsque, en tant que parents, vous dites : « on n’a pas fait 500 bornes pour ça ! », il faut arrêter, ce n’est pas votre enfant qui l’a demandé (il ne sait pas conduire !), c’est vous qui étiez ok pour les faire tous ces km, car cela m’étonnerait que ce soit votre enfant qui gère votre foyer !
C’est le risque à prendre, il y a tellement de pilotes, qu’il y en a des plus forts, certains sont du même niveau, et d’autres encore ont un niveau en-dessous.
Au lieu de dire que c’est votre enfant qui a mal roulé, il faut plutôt lui dire : « tu as fais ce qu’il fallait, tu n’as rien à regretter, les autres étaient plus forts »

Quand ma fille fait 8 en demie-finale à bercy, ce n’est pas parce qu’elle a mal roulé, c’est parce que toutes les W qui roulaient avec elle, sont sorties de la grille bien devant elle, et ont bien géré leur course, mais lorsque je suis allée en pré grille, pour la récupérer, elle avait le sourire, non pas parce qu’elle s’en foutait, mais parce que pour elle, elle avait fait le maximum, donc, rien à regretter, ce n’est pas passé, c’est tout !

Ne pas avoir des regrets, voilà ce que vous devez dire à vos enfants, rouler se faire plaisir, faire le maximum, après, si ça passe, tant mieux, si ce n’est pas le cas, tant pis, ce sera peut-être pour la prochaine fois, ou peut-être jamais, mais ce n’est pas grave, eux, s’amusent, ils se retrouvent entre copains et copines, et auront plus tard, de supers souvenirs, et vous remercieront d’avoir été si compréhensibles avec eux !
Demandez aux grands pilotes qui sont toujours sur le circuit actuellement, après x années, est-ce qu’on les a humilié sur les pistes, ou bien est-ce qu’au contraire on les a encouragé à continuer, temps qu’ils y prenaient du plaisir ?
Ne vivez pas à travers vos enfants, s’ils réussissent, ce n’est pas grâce à vous, mais grâce à eux, c’est tout ! Leurs victoires leur appartiennent, à eux seuls !
Quand ils tombent, au lieu de les engueuler, comme souvent ça arrive, consolez-les plutôt, et encouragez-les pour la suite ! Une chute est tellement vite arrivée, il ne suffit que d’une infime erreur, et le pilote se retrouve à terre ! Comment est-il possible de passer un savon à un pilote qui est vexé d’être tombé, en colère aussi sans doute ! Même les meilleurs pilotes chutent ! Quand ce sont les autres ça ne vous fait rien, quand c’est votre enfant, vous semblez blessé au plus profond de vous même, on a l’impression que c’est la fin du monde ! C’est tout juste d’ailleurs si le pilote ne l’aurait pas fait exprès !!! Bah, tiens, pourquoi pas ? Au risque de se retrouver dans le plâtre ! Une pilote à Tours est tombée en première manche, après consolation, etc… et bien elle a passé ses manches. Peut-être que si on l’avait engueulée, elle ne les aurait pas passées.
Il faut les encourager et leur donner confiance, et surtout « POSITIVER ».
Je comprend qu’on soit en colère parce que son enfant a cassé sa jante parce qu’il faisait le babache dans la rue avec les copains, par contre qu’on le soit parce qu’il a tenté une double trop grande pour lui, là, non, je ne comprend pas !
Qu’on soit en colère parce que son enfant ramène des mauvaises notes de l’école alors qu’on sait très bien qu’il était au point sur sa leçon, là, je comprend, par contre qu’on soit en colère parce que la finale, c’est pas encore pour aujourd’hui, si le pilote y a mis tout son cœur, s’il a fait le maximum, là, je ne comprend pas.

Maintenant, pour finir, je comprend tout à fait la décision d’interdire les petites catégories de rouler sur le national, car, ils ne sont pas dupes les gens de la CNBMX, ils savent très bien ce qui se passe : au début, on fait ça comme ça, pour rigoler, pour le plaisir, mais bien vite, on se prend au jeu, et on voit en son enfant, un futur champion du monde, et là, on commence les entraînements sérieux, muscu etc… (pour des enfants de moins de 10 ans), etc…. pédales auto, évidemment, (est-ce bien nécessaire pour seulement l’Europe et le Monde ? ) , hélas, je pense que le plaisir n’y est plus vraiment !
Et là, en pré-grille, on entend toute sortes de propos plutôt affligeants, du style, entre filles : « je vais la niquer cette conne ! », et oui, de la part d’une fille de moins de 10 ans, ça fait bizarre non ? J’en passe d’autres, et j’ai entendu ces propos de vive voix, puisque j’étais présente ! Si on ne lui mettait pas la pression, et si on ne lui parlait pas ainsi de ses adversaires, cela ne lui viendrait même pas à l’esprit ! Laissez les, toutes et tous, ne gâchez pas leur Amitié, même si sur la piste, il n’y a plus de copinage, c’est chacun pour soi ! Retenez-vous , et écoutez-vous, lorsque vous dites ; « allez, bouffe la ! », et applaudir lorsque une des adversaires est tombée en disant : « bien fait pour sa gueule ! » Malheureusement, je n’invente pas, ce sont des propos que j’ai souvent entendu , navrant me direz-vous !

Si vous ne voulez pas que vos enfants abandonnent leur passion encouragez-les, et laissez-les évoluer à leur rythme ! Un champion ne se fait pas en un jour ! Et puis, en tant que parents, ils sont tous nos petits champions !
Et vous les papas ou maman, avant de vous improviser coach ou entraîneur, prenez un bike, n’ayez pas peur, et faites plusieurs tours de piste, pour comprendre que ce sport n’est pas facile, que le cœur monte très vite, que c’est très court un tour de piste, mais tellement intense au niveau sensations ! Faites ensuite une promo, et vous connaîtrez, le stress, l’attente en pré avec de bonnes rigolades, la chaleur, le mauvais temps, etc…. . Après, lorsque vous verrez vos pilotes qui en bavent, vous comprendrez pourquoi, et ne pourrez que les encourager, et les féliciter, car vous vous rappellerez de ce que vous avez connu, vous aussi !

En conclusion, je dirai , et là, tous les pilotes vont me rejoindre, on peut nous enlever pleins de choses, on peut supprimer différentes catégories sur le CPP, par contre, on ne pourra jamais nous enlever la joie et le bonheur de pouvoir rider tranquille !

 
Le 15 Août 2005 par Valérie