Concilier SPORTS & ETUDES relève d’un véritable défi d’organisation et d’emploi du temps. L’école en France n’a pas fait du sport une priorité et le temps scolaire laisse très peu de solutions pour une pratique sportive personnelle des élèves passionnés à la différence de nombreux pays comme la Suède, l’Allemagne, l’Angleterre ou les Etats-Unis.
• Du collège au lycée, les cours représentent de 26 à 30 heures de cours du lundi au vendredi et plus souvent au samedi matin (dont 2 heures d'EPS).
• Les trajets scolaires de 20 minutes à 1 heure par jour en moyenne.
• Le travail scolaire personnel de 30 minutes à 2 heures par jour selon les niveaux.
Nous sommes très vite à 45 heures, voire 55 ou 65 heures si on ajoute une pratique physique et sportive. Le monde scolaire n’est pas structuré pour s’adapter au rythme d’un entraînement sportif intensif ce qui conduit les familles à choisir entre les études ou le sport. Dans ces conditions, il faut comprendre l’hésitation des parents à favoriser une pratique sportive soutenue qui laisse peu de place à la réussite scolaire de leurs enfants.
Pour répondre à cette problématique, il existe une solution : les sections sport étude.
Quelques structures d’encadrement se sont développées qui regroupent des pilotes sélectionnés pour les suivre à l’année. Il y a bien sûr les pôles France et Espoirs mis en place par la Fédération depuis la rentrée dernière, mais en amont de ces structures, deux clubs précurseurs ont mis en place des sections sportives (nouvelle appellation des sports études) afin de permettre à des pilotes motivés de pouvoir s’entraîner correctement tout en suivant une scolarité normale.
Premier à se lancer dans l’aventure, le club de St Etienne, qui a été suivi quelques années plus tard par le club de Mours-Romans.

Régulièrement dans le top 3 des clubs Français, (1er en 2003, 2e en 2004 et 2005) et organisateurs d’évènements Nationaux et Internationaux,le club de Mours-Romans ouvre en septembre 2003 une section collège qui accueille 6 pilotes. Cette première année va permettre au club de développer ses structures et de mettre en place des activités qu’il n’est possible de pratiquer qu’hors entraînement club telles que le ski de fond, la route, ou encore le vélodrome. Après cette première année de mise en route, tout est prêt pour accueillir à la rentrée 2004 à nouveau 6 pilotes en section collège mais aussi 12 pilotes en section lycée. Au-delà du caractère sportif, c’est une véritable aventure humaine qui commence puisque les lycéens sont internes et viennent des 4 coins de la France. Très vite, ils vont former un groupe soudé qui va leur apporter une force supplémentaire dans un sport individuel comme le bmx.
Nous avons rencontré Guilhem CAPRILI, l’entraîneur principal de la section sportive de Mours.
Racontes nous la vie au quotidien, dans ce sport étude ?
Il y a une super ambiance. L’effet de groupe fonctionne à merveille : tout le monde s’entraide, se conseille, se motive si bien que les séances même les plus dures peuvent se transformer en jeux et que tout le monde en redemande.
Le bilan scolaire est positif, 100% des collégiens ont réussi leur année scolaire, quand au lycée, ils sont 10 sur 12 à passer dans la classe supérieure où à se voir diplômés. Au niveau sportif, c’est l’explosion totale pour certains arrivés avec un fort potentiel, et une vraie progression pour d’autres qui comblent leur retard physique ou technique. D’année en année, les structures ne cessent de se développer pour proposer des conditions d’entraînement toujours plus performantes tout en assurant un suivi scolaire de qualité, et c’est tout naturellement que certains poursuivent l’aventure du collège au lycée. Au total et dans un souci de qualité ce sont 6 jeunes et 10 lycéens qui seront retenus pour la rentrée 2005 avec un recrutement qui dépasse cette fois les frontières puisque un pilote National Suisse (Geoffrey Lachenal) va venir s’intégrer à la formation.
Justement parle nous des infrastructures.
• 2 salles de musculations toutes équipées,
• 2 Minibus 9 places
• Un site VTT de qualité sur place
• Des sites route variés sur place
• Une piste de BMX de haut niveau avec éclairage complet, champ de bosse et grille à piston sécurisé.
• Un vestiaire avec casiers et douches
• Un téléviseur sur place avec caméra pour analyse vidéo
• Un vélodrome situé à 50 minutes du club
• Les stations de ski de fond situées à 50 minutes du club.
• 7 pistes de bmx dans un rayon de 70 km autour du club (1h de route maxi) : Pierrelatte, Montélimar, Grenoble, Chabeuil, Livron, Portes les Valences, Pont Evèque….
Les activités sont encadrés par des entraîneurs spécialisés, diplômés d’état. Le tout suivant un programme établit en collaboration avec moisuivant les objectifs définis avec les pilotes.
Les encadrants sont :
• En BMX, route et VTT et entraîneur référent sportif/scolaire : Guilhem CAPRILI licence STAPS éducation motricité, Brevet d’Etat Cyclisme
• En VTT François Perrin Brevet D’Etat spécialiste VTT
• En ski de fond Johan Pallot moniteur ESF
• En musculation : Olivier Morin Brevet d’Etat métiers de la forme, ancien pilote de BMX
• En sophrologie Serge Garcia.

Comment est fait le recrutement des futurs champions diplômés ?
Il y a 2 modes. Le premier est le pilote lui-même qui présente un dossier de candidature. D’un point de vue sportif, soit je connais le pilote, la manière dont il roule. Soit je l’observe sur une course, pour apprécier son potentiel. Je détermine alors s’il peut rentrer dans la section sportive. Ensuite viens le dossier scolaire qui est étudié par l’école qui donne son accord ou pas. Dans tout les cas, c’est le dossier scolaire qui valide l’inscription.
Le 2ème mode de recrutement, est le cas d’un pilote que l’on désire voir intégrer le groupe, car il a un fort potentiel. On lui demande ainsi qu'a ses parents s’ils sont intéressés, puis on présente son dossier scolaire à l’école de son choix.
Qu’elles sont les écoles qui travaillent avec la section ?
Il y a plusieurs collèges et lycées a travailler avec nous. Mais nous avons un lycée de références, le lycée du Dauphiné (www.ac-grenoble.fr/lycee/romans.dauphine ) ou quasiment toutes les sections sont représentées. Les élèves ont le choix dans des filières professionnelle, technologique ou général en fonction de leurs aspirations. Cela va du BEP MSMA à la terminale S en passant par la première STT, bref très varié.
(voir le bilan de l’année 2005, et les filières 2006 choisies par les pilotes : cliquez-ici)
Les horaires sont t’ils aménagés ? Les élèves de la section sont-ils regroupés ensemble ?
Non. Ils suivent une scolarité normale, les aménagements horaires ne rentrant en jeu que pour les déplacements compétions et les stages.
Quel est le profil type d’un candidat ?
Tout d’abord, il faut qu’il soit bon élève c'est-à-dire qu’il obtienne des résultats scolaires corrects (environ 11-12 de moyenne). Nous ne demandons pas des génies, mais juste des personnes qui aient la tête sur les épaules et qui aient de l’ambition pour le futur.
Ensuite, il faut que ce candidat soit motivé par l’entraînement et prêt à accepter la difficulté d’un entraînement régulier. Egalement, il faut que le candidat soit capable de s’intégrer dans un groupe : la section sportive est un groupe très soudé ce qui leur donne une grande force dans un sport individuel comme le bmx.
Enfin, il faut que le candidat accepte de se remettre en question pour progresser aussi bien sur le plan scolaire que sportif.
Qu’elles sont les garanties pour les parents ?
Elles sont multiples. Le BMX-MOURS Romans met tout en œuvre pour assurer la réussite des pilotes/élèves qui intègrent cette section. Pour cela, entraîneurs, professeurs et bénévoles du club oeuvrent ensemble et font bloc autour des pilotes du groupe.
L’entraîneur référent assure un suivi scolaire au travers de rendez vous réguliers avec les professeurs des élèves de la section, il envoie ensuite aux parents des fiches de suivi scolaires qui viennent s’ajouter aux fiches de suivi sportif. Les parents peuvent ainsi suivre en temps réel l’évolution de leur enfant au sein de la section. De plus, je suis très facilement joignable et peut répondre par téléphone ou mail à toutes les questions que peuvent se poser les parents. Ainsi, ils ne restent jamais dans le doute sur l’année scolaire/sportive de leur enfant.
Les programmes d’entraînement sont établis par l’entraîneur principal en relation avec tous les intervenants sportifs (ski, musculation….) afin d’assurer une cohérence dans la programmation.
Notre priorité est bien sûr la réussite scolaire de nos pilotes, mais nous disposons sur place de toutes les infrastructures permettant un entraînement de qualité encadré par des professionnels. Ainsi, les pilotes suivent une scolarité normale et peuvent s'épanouir en progressant dans leur sport favori. Aujourd'hui, il est utopique de rêver à une carrière pro en BMX et nous le rappelons régulièrement à nos pilotes.
Les heures de cours plus les heures d’entraînement, ne font pas un emploi du temps trop chargé ?
Il est impensable de dire qu'études et sport de haut niveau sont incompatibles, personne ne sort des cours pour se précipiter sur ses devoirs et ce jusqu'à 11 h le soir. Tout le monde a besoin de temps libre, d'un moment pour lâcher la pression et l'entraînement est fait pour ça. De plus, cela crée une hygiène de vie et une mentalité tournée dans le sens de la réussite par l'effort ce qui est très formateur.
Nous aidons aussi les pilotes à organiser leurs journées pour exploiter au mieux leur temps libre hors entraînement. C'est un peu contraignant mais ils s'y font très vite et se déclarent tous ravis de ce mode de vie qui laisse quand même une belle place au plaisir tout en assurant le scolaire et le sportif. A ce jour, nous avons des pilotes qui évoluent en catégorie nationale et qui sont en passe de réussir brillamment leur bac S. J'ai moi même mené de front études et bmx, et je n'ai jamais redoublé une seule année, il suffit d'un peu d'organisation et de bonne volonté.
Enfin, c'est une énorme expérience humaine qui apprend à chacun à mieux se connaître, connaître les autres, vivre en collectivité (internat) et s'entraîner ensemble. Aujourd'hui, les pilotes de la section sportive sont soudés bien au delà du bmx et passent leurs vacances ensembles.
Que se passe t’il si l’élève n’obtient pas des résultats satisfaisants en cours ?
Des aides aux élèves peuvent être mises en place sur simple demande et en accord avec l’équipe pédagogique du lycée. De plus, les rendez vous réguliers entraîneur/professeur principal permettent de réagir rapidement dès la moindre baisse et de ne pas laisser la situation empirer.
S’il s’avère que les mauvais résultats sont le fruit d’un manque de travail ou de motivation ,le pilote est sanctionné par l’entraîneur qui le prive d’entraînement et l’oblige à venir travailler ses cours durant le temps d’entraînement. Il est très très rare que je prenne cette décision.
Que se passe t’il si le pilote n’obtient pas des résultats satisfaisants en compétition ?
J’analyse avec le pilote les causes de l’échec, et cherche des solutions pour améliorer ses résultats. En aucun cas je ne blâme le pilote par rapport à une contre-performance. Je cherche à rassurer le pilote et l’aide à faire le point objectivement pour aborder les compétitions suivantes en confiance.
Qu’est ce qu’une semaine type lorsqu’on est en section sportive ?
Il y a bien sûr les cours, puis les entraînements. Ceux-ci ont lieu après les cours. Nous ne mettons pas en place d’horaires aménagés et ce pour deux raisons :
-Cela nous obligerait à réduire les filières proposées sur le plan scolaire et conduirait les pilotes à choisir une filière par défaut.
-La durée et l’intensité actuelle des séances d’entraînement suffisent largement à des pilotes de cette classe d’âge et assurent un bon compromis entre les études et le sport.
-L’aménagement horaire mis en place avec l’établissement scolaire concerne les déplacements compétitions et excuse les pilotes pour les déplacements prévus au calendrier officiel. Les parents n’ont pas de mot d’excuse à fournir. |